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Désinformation médiatique

Par Jeffrey Gallant, M.Sc.

GEERG

Les déclarations sensationnelles sur les rencontres « inédites » avec le requin du Groenland se suivent et se ressemblent. La dernière dépêche malavisée nous vient de France mais cette fois-ci, elle nous touche droit au cœur. Ayant nous-mêmes été mal cités à plusieurs reprises par des journalistes, je ne peux que présumer des bonnes intentions du chef de l’expédition Under the Pole dont la mission est noble et pertinente.

 

Extrait de l'article : « Ces requins, prédateurs et charognards, n'avaient jamais eu un contact avec l'homme, contrairement à ceux déjà observés sur un seul site, mais au Canada, dans l'estuaire du St Laurent, pêchés [!!], puis remis à l'eau avec balises ».

 

Cette assertion qui s’ajoute à l’omniprésente désinformation médiatique sur le requin du Groenland est tout bonnement fausse. Si l’auteur de l’article en cause s’était donné la peine de s’informer, il aurait vite constaté que les premiers contacts abondamment documentés entre plongeurs et le requin du Groenland ont eu lieu dans l’archipel arctique canadien en 1995. Depuis, les observations naturelles ou provoquées se sont multipliées à divers endroits y compris dans le Saint-Laurent où des centaines de rencontres – toutes naturelles – ont eu lieu depuis 2003.

 

Les recherches scientifiques à cet endroit et qui sont mentionnées dans l’article sont réalisées par le Groupe d’étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland. Or, le modus operandi du GEERG est sans équivoque : Nos observations sont passives, i.e., aucun contact physique avec les requins – outre la pose de balises – n’est permis. Et s’il est vrai que les requins observés par autrui dans l’Arctique sont préalablement pêchés – une pratique que nous dénonçons autant que la désinformation – nous n’avons jamais pêché un requin pour l’observer ou le baliser.

 

En plus de nos publications scientifiques, des dizaines de reportages, entrevues et documentaires faisant foi de nos méthodes non-invasives sont découvrables en un rien de temps sur le web. L’information véhiculée par Le Parisien* est donc non seulement erronée, elle est d’une ignorance crasse.

 

Extrait de l'article : « Nous allons ramener des images exclusives (deux films de 52' sur l'ensemble de l'expédition) de ce squale dans son milieu naturel de l'océan arctique. »

 

Ne doutant pas de l’honnêteté des dirigeants d’Under the Pole qui promeut « Une approche sous-marine nouvelle pour des images uniques au monde et une meilleure connaissance scientifique du milieu », j’ai confiance que ces films feront preuve de plus de rigueur scientifique que l’article du Parisien, et qu’ils aideront à faire connaitre la vérité sur ce squale extraordinaire qu’est le requin du Groenland.

 

Jeffrey Gallant

Président et directeur scientifique

Groupe d'étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland

Observatoire des requins du Québec

 

* Premier quotidien national d'information générale en France avec 2,4 millions de lecteurs chaque jour, sans compter l’édition web.

 

** Rencontres non-provoquées sans pêche et sans appât.

 

AUTEUR: Jeffrey Gallant

DATE D'AFFICHAGE: Le 7 décembre 2014

DERNIÈRE MODIFICATION: Le 7 décembre 2014

 

Groupe d'étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland (GEERG)

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