Le requin pèlerin
Cetorhinus maximus (Gunnerus, 1765)
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Le requin pèlerin est le seul membre de la famille Cetorhinidae. C'est le deuxième plus grand requin et poisson au monde. Il est normalement observé à la surface où il se nourrit seul ou en groupe. Le requin pèlerin est trouvé près de la côte dans les eaux nordiques et tempérées. Dans l'est canadien, il s'aventure de Terre-Neuve au nord, à l'estuaire du Saint-Laurent à l'ouest.

Même s'il est énorme, il ne présente aucun risque aux humains. Il se nourrit exclusivement de plancton. Sa reproduction est très peu étudiée. Personne ne sait où se trouvent les spécimens canadiens en hiver mais des requins balisés en Nouvelle-Angleterre se sont déplacés juqu'au Brésil. Plusieurs sources affirment que le requin pèlerin hivernerait sur le fond à grande profondeur après avoir largué ses fanons. Cette idée a été renversée en 2003 lorsque des chercheurs du Marine Biological Association (Royaume-Uni) ont découvert que le requin pèlerin continue à se nourrir de plancton à grande profondeur (jusqu'à 900 m) pendant la saison froide. D'ailleurs, c'est le seul requin qui filtre l'eau de façon passive, se laissant mouvoir par son tirant d'eau pour capturer le plancton à une vitesse d'environ 2 noeuds (3,7 km/h).




MENU - REQUIN PÈLERIN

Noms
Taille et description
Dentition
Proies
Distribution
Reproduction
Espérance de vie
Attaques
Pêcherie
Statut
Bibliographie


NOMS


Nom scientifique : Cetorhinus maximus* (Gunnerus, 1765)
*monstre marin au gros nez
Cetorhinus vient des mots grecs "ketos" qui signifie "monstre marin", et "rhinos" qui signifie "nez". Maximus est un mot latin qui signifie "grand".

Noms communs : Squale pèlerin, squale géant, éléphant de mer, poisson à voiles, basking shark (Angl.), elephant shark (Angl.), bone shark, (Angl.), nurse fish (Angl.), sunfish (Angl.), sailfish (Angl.), hoe-mother (Angl.)

(Ci-bas) Requin pèlerin au large de l'Irlande. Photo © Ross Beane


TAILLE ET DESCRIPTION

Longueur maximale : Jusqu'à 12 m (40')
Longueur moyenne : 6.5 m à 9 m (22' à 29')
Poids : Jusqu'à 4 500 kg (9 900 lbs)

Le requin pèlerin est le deuxième plus grand requin et poisson au monde, mesurant jusqu'à 12 m de longueur. Vu de la surface, le requin pèlerin à des allures de baleine. Il arrive même qu'il jaillisse complètement hors de l'eau pour se débarrasser de parasites. Ce phénomène plutôt rare fut observé dans la baie de Percé en juillet 2001. Même s'il ne se nourrit que de plancton, il possède néanmoins des centaines de petites dents. Lorsqu'il ouvre la bouche, sa tête prend des proportions gigantesques. Son foie équivaut à 25 % de sa masse et aide à maintenir la flottabilité de cet énorme poisson.

(Ci-bas) Requin pèlerin se nourrissant de plancton à la surface près de Percé, Québec. Photo © André Berthelot (Tous droits réservés)



(Ci-bas) Requin pèlerin. Photo © Chris Gotschalk (Creative Commons)



DENTITION

Même s'il ne sourrit que de plancton, le requin pèlerin possède des centaines de petites dents.

PROIES

Le requin pèlerin ne mange que du plancton. Il peut filtrer jusqu'à 1 500 000 litres d'eau par heure en nageant jusqu'à 4 km/h.

CONTENU STOMACAL VÉRIFIÉ

Plancton : copépodes, crustacés, larves, oeufs de poissons

(Ci-bas) Requin pèlerin se nourrissant de plancton à la surface près de Gascon, Québec. Photo © André Bédard (Tous droits réservés)

DISTRIBUTION

Le requin pèlerin fréquente la presque totalité des océans du monde. Son habitat américain s'étend de l'Atlantique Nord, de Terre-Neuve jusqu'en Norvège, à l'Atlantique Sud. Au Québec, le requin pèlerin fréquente le golfe et l'estuaire du Saint-Laurent. Il apparaît dans les eaux canadiennes près des côtes au début de l'été et y reste jusqu'à l'automne. Il est fréquemment observé en Gaspésie, surtout dans la baie des Chaleurs. Des spécimens ont même été capturés en hiver, ce qui pourrait indiquer qu'un certain nombre de spécimens demeure dans le golfe du Saint-Laurent à l'année.

Carte de distribution provisoire pour Cetorhinus maximus compilée par le GEERG. Les détails de chacune des observations (type d'observation, profondeur, etc.) sont disponibles sur demande. Cette carte ne présente pas de données pour l'Europe ni pour la région médio-Atlantique. Pour des ajouts ou pour rapporter vos observations, veuillez nous contacter : info@geerg.ca

REPRODUCTION

Le requin pèlerin est ovovivipare. Les embryons se nourrissent du sac vitellin et ensuite d'ovaires non fertilisés (oophagie). La gestation pourrait dûrer jusqu'à trois années. Les petits naissent entièrement développés à 1,5 - 2 metres de longueur. La portée est d'environ six petits (seulement une femelle porteuse à été capturée à ce jour) à tous les 2 - 4 années. L'accouplement et la mise à bas se produiraient à faible profondeur en été.

ESPÉRANCE DE VIE

Le requin pèlerin pourrait vivre jusqu'à 100 ans.

ATTAQUES

Les attaques sur les humains sont inexistantes. Les seuls incidents impliquent des humains heurtés par la nageoire caudale (queue) après s'être aventurés trop près d'un de ces mastodontes.

PÊCHERIE

Le requin pèlerin n'est pas pêché au Canada ou aux États-Unis et plusieurs des pêcheries ailleurs dans le monde ont été fermées. Quelques pêcheries existent toujours en Asie où le requin pèlerin est chassé pour l'huile de foie, la chair, le cartilage et les ailerons. De grands nombres sont aussi capturés de façon accessoire (by-catch) et pour le marché illégal des ailerons.

STATUT

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)
Pèlerin | Cetorhinus maximus | Population du Pacifique
Statut : En voie de disparition
Dernier examen ou dernière modification : avril 2007 (Nouvelle)
Présence au Canada : Océan Pacifique
Critères d'évaluation: A2a; C1

Justification de la désignation : Cette espèce de requin est la seule espèce existante de la famille des Cétorhinidés. Partout sur le globe, l'espèce occupe les eaux tempérées des plateaux côtiers et existe sous la forme de deux unités désignables géographiquement isolées au Canada, celle de l'Atlantique et celle du Pacifique. L'espèce est vulnérable aux prises accessoires en raison de sa faible productivité intrinsèque. Les femelles ne parviennent à maturité que vers l’âge de 16 à 20 ans, leur période de gestation dure de 2,6 à 3,5 ans (la plus longue gestation connue chez les vertébrés), et elles ne donnent naissance qu'à environ six petits à la fois. L’espèce est particulièrement sujette à s'entremêler dans les engins de pêche ou à entrer en collision avec des bateaux en raison de sa grande taille, de sa tendance à nager près de la surface de l'eau, du fait qu'elle ne craint pas les bateaux et de son aire de répartition qui s’étend le long des côtes et qui chevauche des zones de pêche et de navigation. Avant 1970, les grands regroupements de ce requin étaient communs de manière saisonnière dans les eaux canadiennes du Pacifique, mais seulement six observations ont été confirmées depuis 1996. Cette réduction draconienne de l'abondance est attribuable à la pêche dirigée de l'espèce à des fins d'extraction d'huile de son foie (de 1941 à 1947) et à un programme d'éradication (jusqu’en 1970) dans le cadre duquel des centaines, voire des milliers d'individus ont été tués entre 1945 et 1970. La population historique minimale, reconstituée à partir des captures documentées, comptait au moins 750 individus, alors que la population actuelle est virtuellement nulle, indiquant un déclin de plus de 90 % en moins de deux générations. On pense que l'espèce migre de façon saisonnière entre le Canada et la Californie, où des regroupements régionaux ont été gravement amoindris par la pêche pratiquée par le passé. Une immigration de source externe du Canada est peu probable.

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2007.

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Le naturaliste canadien, Déc. 1960. Université Laval

Les nouvelles du large, (Bulletin no. 7) - GREMM, 18.06.1999

Les nouvelles du large, (Bulletin no. 8) - GREMM, 24.06.1999